Gymvaud

Historique

L’ACVG est le fruit d’une longue histoire, mouvementĂ©e, pleine de rĂ©silience et de succĂšs. Ci-dessous, vous pourrez plonger dans prĂšs de 170 ans d’histoire de notre pratique sportive, de notre sociĂ©tĂ©. Extraits de «1858-2008, Histoire illustrĂ©e de la gymnastique vaudoise», par J.-F. Martin.

PremiÚres sociétés vaudoises

La premiĂšre sociĂ©tĂ© vaudoise rĂ©pertoriĂ©e est fondĂ©e Ă  Lausanne en 1835: elle Ă©mane des Ă©tudiants de la SociĂ©tĂ© de Zofingue, mouvement libĂ©ral attachĂ© Ă  la dĂ©fense de la dĂ©mocratie. Elle est admise dans la SFG en 1838 sous le nom de «section de Lausanne». Paul Ceresole et Louis Ruchonnet, futurs prĂ©sidents de la ConfĂ©dĂ©ration, en feront partie. Elle disparaĂźtra en 1866. En 1845, trois jeunes gens dont l’ad- mission a Ă©tĂ© refusĂ©e (ils n’étaient pas Ă©tudiants !) fondent une nouvelle «SociĂ©tĂ© de gymnastique des Citoyens de Lausanne» qui sera admise l’annĂ©e suivante dans la SFG. En 1858, aprĂšs la disparition de son aĂźnĂ©e, elle adopte le nom de «section de Lausanne» avant de devenir, en 1886, «Lausanne-Bourgeoise» qui est donc notre doyenne.

En 1850 est fondĂ©e la section d’Yverdon (future «Yverdon-Ancienne»). Celle de Ste-Croix naĂźt en 1851. Suivront Vevey («Vevey-Ancienne») en 1855, Nyon et Morges en 1857. Une premiĂšre «FĂȘte cantonale» rĂ©unit Ă  Lausanne, en 1851, les gymnastes de Lausanne, Yverdon et Moudon (oĂč existe un Ă©phĂ©mĂšre groupement non affiliĂ© Ă  la SFG). Un second rassemblement a lieu Ă  Yverdon en 1853. N’ayant pas dĂ©bouchĂ© sur la crĂ©ation d’une SociĂ©tĂ© cantonale (pourtant dĂ©cidĂ©e en 1851), ces manifestations ne seront pas comptabilisĂ©es dans la liste officielle des FĂȘtes cantonales.

En 1855, Lausanne accueille sa premiĂšre FĂȘte fĂ©dĂ©rale (Ă  Montbenon). On n’en connaĂźt pas le nombre de participants.

Fondation

En 1858, la section de Vevey prend l’initiative de convoquer une assemblĂ©e de dĂ©lĂ©guĂ©s, le 14 mars Ă  Lausanne: il y est dĂ©cidĂ© de constituer la SociĂ©tĂ© cantonale vaudoise de gymnastique (SCVG). Une circulaire du 1er avril invite les sociĂ©tĂ©s de Lausanne, Yverdon, Ste-Croix, Morges et Nyon Ă  ratifier le projet de rĂšglement et Ă  s’annoncer pour prendre en charge une FĂȘte cantonale. Trois rĂ©pondent positivement pour le rĂšglement (on considĂšre que les autres consentent Ă  dĂ©faut de rĂ©pondre) mais aucune ne s’annonce pour la fĂȘte.

La section de Vevey dĂ©signe alors en son sein un ComitĂ© central, prĂ©sidĂ© par Paul Ceresole. Il tient sa premiĂšre sĂ©ance officielle le 6 mai. ConformĂ©ment au rĂšglement, c’est un comitĂ© purement veveysan qui se constitue. On a en effet choisi le systĂšme de la «section centrale (ou directrice)» pour diriger l’association. Une circulaire du 10 mai, annonce que le comitĂ© a fixĂ© au 27 juin la FĂȘte cantonale qui aura lieu Ă  Vevey. On n’a pas perdu de temps…

Circulaire du 10 mai 1858: le ComitĂ© cantonal annonce la fondation de la SCVG et la date de la FĂȘte Cantonale (archives cantonales vaudoises)

PremiÚres années

Le ComitĂ© cantonal ne se rĂ©unit plus avant mai 1859, son cahier des charges prĂ©voyant essentiellement l’organisation de la FĂȘte cantonale bisannuelle ou, les annĂ©es intermĂ©diaires, d’une Course cantonale.

Le 14 aoĂ»t 1859, 80 gymnastes participent Ă  une telle Course Ă  Ste-Croix. Au programme: assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale, culte, deux heures de gymnastique et banquet avec discours et chants patriotiques. Puis cortĂšge jusqu’au Mont-de-Baulmes oĂč l’on s’adonne aux exercices nationaux (lutte, lever et jet de pierre). Un bal termine la journĂ©e et les gymnastes retournent dans leurs foyers le lundi matin.

Le 2 fĂ©vrier 1860, le ComitĂ© cantonal proteste auprĂšs du rĂ©dacteur de la Schweizerische Turnzeitung: il s’est permis d’accuser d’antipatriotisme les gymnastes vaudois, et surtout Ferdinand Wilhelmi qui avait eu l’audace de proposer la crĂ©ation d’une «Union des sections welsches». Une proposition pourtant refusĂ©e par 49 voix contre 26 lors du vote organisĂ©, par correspondance, au sein de la SCVG.

Le 26 mai 1860, les Veveysans remettent les rĂȘnes de la SociĂ©tĂ© cantonale Ă  la section de Morges, conformĂ©ment au principe du tournus.

Le rapport du comitĂ© sortant dresse alors un Ă©tat dĂ©taillĂ© de la situation. On dĂ©nombre 130 membres actifs, 50 honoraires et 19 passifs et externes. Toutes les sociĂ©tĂ©s connaissent des difficultĂ©s: celle de Vevey a failli disparaĂźtre, faute d’effectifs, aprĂšs la fĂȘte de 1858; celle d’Yverdon n’a pas de local pour l’hiver; Morges a vu ses effectifs baisser, mais bĂ©nĂ©ficie de la cour du chĂąteau pour ses exercices; Nyon n’a que quatre «instruments» (engins) et elle ne peut pas les utiliser en mĂȘme temps, faute de place; Ă  Lausanne, en hiver, «l’huile se figeait dans les quinquets et il Ă©tait impossible de les allumer». Le ComitĂ© central se plaint de la nĂ©gligence des comitĂ©s de sections qui ne rĂ©pondent pas Ă  ses circulaires. En outre, plusieurs ont des arriĂ©rĂ©s de cotisations.

DĂšs lors, les FĂȘtes cantonales se succĂšdent: Morges en 1860, Lausanne en 1862 (premier concours de sections), Nyon en 1864 (150 participants). Les sections de Rolle, Payerne, Le Sentier, Bex et Aigle rejoignent successivement le giron cantonal.

Paul Ceresole, premier président de la SCVG

Fin du XIXe siĂšcle

La vie des sections de la SCVG est souvent prĂ©caire: le dĂ©part d’un moniteur, la retraite de la gĂ©nĂ©ration des fondateurs, des conflits personnels, le manque d’assiduitĂ© aux entraĂźnements et les difficultĂ©s financiĂšres Ă©maillent leur histoire. L’élection des jurĂ©s des fĂȘtes provoque des aigreurs: la sociĂ©tĂ© fondatrice de Vevey dĂ©missionne de la SCVG en 1864 Ă  la suite de l’échec de son candidat et ne reviendra qu’en 1868. Les locaux (stands de tir, hangars de bois) sont souvent fermĂ©s en hiver ou doivent ĂȘtre partagĂ©s avec d’autres utilisateurs. L’équipement en salles de gymnastique scolaires ne se fait que trĂšs lentement, principalement aprĂšs l’adoption de la Constitution fĂ©dĂ©rale de 1874 qui impose deux heures de gymnastique pour les garçons dĂšs 10 ans. La sĂ©curitĂ© est trĂšs alĂ©atoire et l’on signale quelques accidents mortels Ă  l’entraĂźnement.

L’organisation de la SCVG se veut trĂšs dĂ©mocratique. Les assemblĂ©es des sections sont souvent mensuelles et des amendes frappent les absents et retardataires. Le ComitĂ© cantonal (ou central) organise frĂ©quemment des consultations au suffrage universel des membres, chaque section fonctionnant comme un bureau de vote: modifications des statuts et rĂšglements de fĂȘtes, Ă©lections des jurĂ©s. Les assemblĂ©es des dĂ©lĂ©guĂ©s (en gĂ©nĂ©ral deux par annĂ©e) ne sont plus liĂ©es aux fĂȘtes et leurs principales dĂ©cisions doivent ĂȘtre soumises au vote de la base.

En 1893, on abandonne le systĂšme de la section directrice: le ComitĂ© cantonal et la Commission technique sont dĂšs lors Ă©lus par l’ensemble des membres.

Lausanne Amis-Gymnastes en 1896.
Cet impressionnant photo-montage illustre toutes les activitĂ©s de la sociĂ©tĂ©: cheval-arçons, barres parallĂšles, double barre fixe, saut Ă  la perche, jet et lever de pierre, haltĂšres, lutte libre et Ă  la culotte, cannes, massues, pyramides, escrime, tambour et clairon, et
 dĂ©gustation au tonneau !

La FĂȘte cantonale de 1893, sur la place de la Riponne Ă  Lausanne.
Au premier plan, une section Ă  la barre fixe. DerriĂšre, Ă  g., le portique des anneaux.
© MusĂ©e de l’ElysĂ©e, Lausanne

1900 – 1950

La premiĂšre moitiĂ© du XXe siĂšcle consolide considĂ©rablement la gymnastique vaudoise qui se diversifie avec la fondation des associations rĂ©gionales, Ă  partir de 1905 (la Broye), de la commission de jeunesse et de l’AVGF (1925). Les associations spĂ©cialisĂ©es se multiplient: artistiques en 1922, athlĂštes en 1926, nationaux en 1932, gyms-hommes en 1937. Une commission cantonale des jeux voit le jour en 1935 et la premiĂšre journĂ©e des gyms-skieurs a lieu en 1942. Les fĂȘtes cantonales rĂ©unissent des effectifs toujours plus nombreux: 51 sections et 1’200 gymnastes Ă  Yverdon en 1908; 80 sections et 2’200 gymnastes Ă  Montreux en 1923; 102 sections Ă  Moudon en 1946.

Une nouvelle FĂȘte fĂ©dĂ©rale a lieu Ă  Lausanne en 1909: 454 sections et 8’052 gymnastes y participent sous une pluie torrentielle.

La guerre 14-18 touche durement les sociĂ©tĂ©s: de nombreux gymnastes sont mobilisĂ©s et ont de la peine Ă  payer leurs cotisations, les salles de gymnastique sont souvent occupĂ©es par la troupe et plusieurs membres perdent la vie sur le front, en tant que citoyens français ou engagĂ©s volontaires. L’ Ă©pidĂ©mie de grippe de 1918 provoque Ă©galement le dĂ©cĂšs de quelques gymnastes. Les sociĂ©tĂ©s survivent tant bien que mal.

La seconde guerre mondiale est une nouvelle Ă©preuve pour les sociĂ©tĂ©s. La mobilisation dĂ©garnit Ă  nouveau les rangs et l’ obscurcissement imposĂ© par les autoritĂ©s fĂ©dĂ©rales, pour diminuer les risques de bombardement, interdit les rĂ©pĂ©titions aprĂšs la tombĂ©e de la nuit. Cela n’empĂȘche pas l’organisation d’une FĂȘte cantonale, Ă  Vevey en 1943. Le gĂ©nĂ©ral Guisan prononce un discours marquant sur la place de fĂȘte: il Ă©voque l’esprit de discipline et de virilitĂ© des gymnastes qui doivent servir le pays sans compromis. Il conclut par un «merci gymnastes» saluĂ© d’un tonnerre d’applaudissements.

En 1949, on dĂ©nombre 110 sections d’actifs, 30 sections d’hommes, 101 classes de pupilles et 84 de pupillettes ainsi que 82 sections fĂ©minines.

Vevey Jeunes-Patriotes en 1936

Gymnastique féminine

Alors que les pĂ©dagogues et mĂ©decins du SiĂšcle des LumiĂšres avaient prĂ©conisĂ© la pratique de la gymnastique fĂ©minine, elle a mis beaucoup de temps Ă  s’imposer dans la pratique. Les radicaux vaudois introduisent l’école obligatoire pour les filles au milieu du XIXe siĂšcle et, progressivement, la gymnastique pour les degrĂ©s supĂ©rieurs. Mais le port du corset entrave les mouvements qui sont donc limitĂ©s. Ce n’est qu’à la fin du siĂšcle que la gymnastique sera dispensĂ©e aux filles de l’école primaire.

Les sociĂ©tĂ©s restent cependant Ă  l’écart de ce mouvement. Les «demoiselles» sont cantonnĂ©es au rĂŽle d’admiratrices, ou de brodeuses de drapeaux. Occasionnellement, un groupe se constitue pour prĂ©senter un ballet Ă  la soirĂ©e. On signale pourtant, Ă  Lausanne, une sociĂ©tĂ© de dames, proba-blement Ă©phĂ©mĂšre, Ă  la fin du siĂšcle.

C’est en 1912 que naĂźt la premiĂšre sociĂ©tĂ© vaudoise rĂ©pertoriĂ©e, celle du Sentier, non sans que ces «émancipĂ©es» provoquent le scepticisme. En 1913, est fondĂ©e la «Perce-Neige» de La Tour-de-Peilz, qui sera la premiĂšre Ă  participer Ă  une FĂȘte cantonale en 1914.

D’abord blanches et couvrant totalement le corps, ces tenues se raccourcissent progressivement pour faciliter les mouvements mais aussi parce que les critĂšres de la dĂ©cence Ă©voluent. Le costume marin se rĂ©pand dans certaines sociĂ©tĂ©s dĂšs 1920 et c’est vers 1932 que la robe courte «fĂ©dĂ©rale» et bleue («rappelant les bluets de l’été») s’impose.

En 1925, ces sociĂ©tĂ©s se regroupent en une «Association cantonale des sociĂ©tĂ©s de gymnastique de dames», sous la prĂ©sidence de Ernest Hartmann. Mlle Jeanne Hunziker prĂ©side la Commission technique. Faute d’archives d’époque, nous ignorons les circonstances de la fondation de ce qui deviendra «Association vaudoise de gymnastique fĂ©minine» (AVGF) dans les annĂ©es 60 et jusqu’à la fusion avec la SCVG (2001).

La gymnastique féminine se renforce également durant cette période. Les sociétés se multiplient et la création des groupes de dames permet aux moins jeunes de conserver une activité physique.

Les journĂ©es cantonales se parent, dĂšs 1935 (Aigle), du titre de fĂȘtes. Mais il n’est pas encore question de les organiser en commun avec les gymnastes masculins qui accueillent cependant rĂ©guliĂšrement des dĂ©monstrations fĂ©minines. Par contre, les pupillettes partagent les rĂ©unions rĂ©gionales avec les garçons. Le programme des concours comprend essentiellement des jeux (notamment la balle Ă  la corbeille), des courses et des productions d’école du corps, Ă  mains libres, avec cerceaux ou massues, au son du tambourin ou en musique. Il n’est pas encore question de concours individuels et les engins sont assez peu pratiquĂ©s, du moins dans les fĂȘtes.

Les leçons au local sont Ă©galement souvent agrĂ©mentĂ©es de musique: certaines sociĂ©tĂ©s utilisent le gramophone, ce qui ne manque pas de provoquer des problĂšmes lorsque l’aiguille saute ou que le disque est rayĂ©. D’autres bĂ©nĂ©ficient des services d’un ou une pianiste.

1950-2000

Ces cinquante annĂ©es voient les effectifs fĂ©minins devenir imposants et dĂ©passer ceux des sections masculines, qui diminuent assez nettement en raison de la concurrence des nouveaux sports. De nombreuses sections disparaissent mĂȘme.

Les gymnastes vaudois s’illustrent en organisant, en 1951, Ă  Lausanne, des JournĂ©es fĂ©dĂ©rales fĂ©minines suivies de la FĂȘte fĂ©dĂ©rale masculine qui rĂ©unissent 48’000 gymnastes et donnent lieu Ă  un mĂ©morable cortĂšge. C’est l’époque des exploits de Jean Tschabold, champion du monde Ă  BĂąle, en 1950, et mĂ©daillĂ© olympique Ă  Helsinki, en 1952.

Dans les annĂ©es 60, la musique s’impose chez les actifs pour l’école du corps, les engins Ă©tant toujours commandĂ©s Ă  la voix par le moniteur. A peine plus tard, le garde- Ă -vous disparaĂźt en mĂȘme temps qu’apparaissent les maillots de couleur. Les gymnastes fĂ©minines se mettent Ă  la compĂ©tition individuelle dans les annĂ©es 60. Le Brevet sportif fĂ©minin permet aux Vaudoises de se mesurer dans des concours combinĂ©s (athlĂ©tisme, engins, gymnastique). Les concours spĂ©cifiques suivront quelques annĂ©es plus tard. ParallĂšlement, la gymnastique artistique fĂ©minine fait son entrĂ©e. La robe bleue laisse la place, vers 1970, Ă  des justaucorps et Ă  diffĂ©rentes tenues (fuseaux, bas, …) multicolores.

A la fin des annĂ©es 70, l’introduction de la musique dans le travail de section aux engins donne une nouvelle dimension Ă  cette discipline qui exige des monitrices et moniteurs une oreille musicale autant que des compĂ©tences techniques. De la musique de fond des dĂ©buts, on passe Ă  des exercices basĂ©s sur les sĂ©quences musicales et l’on en vient progressivement Ă  tenir compte, dans le dĂ©tail, des accents et subtilitĂ©s de la mĂ©lodie: les productions aux engins deviennent de vĂ©ritables chorĂ©graphies

Groupes mixtes

La mixitĂ© devient progressivement la rĂšgle, bien que certaines disciplines (gymnastique avec et sans engins Ă  mains par exemple) restent des spĂ©cialitĂ©s fĂ©minines. Cela contribue Ă  la diversitĂ© des Ă©lĂ©ments. Par contre, cette Ă©volution provoque progressivement la disparition des engins spĂ©cifiquement masculins comme les anneaux «fixes» ou le cheval-arçons, au profit du sol, des anneaux balançants, de la combinaison d’engins et du minitrampoline, mieux adaptĂ©s aux gymnastes fĂ©minines.

L’introduction du travail mixte ne s’est cependant pas faite sans mal. Lors de la FĂȘte cantonale de Payerne, en 1976, la section de Morges crĂ©e la surprise en incorporant six demoiselles Ă  son groupe d’actifs: cette nouveautĂ© n’étant pas prĂ©vue par le rĂšglement, le ComitĂ© technique dĂ©cide une petite pĂ©nalitĂ© pour le principe, ce qui n’empĂȘche cependant pas les Morgiens de remporter le concours ! La FĂȘte de La Tour-de-Peilz, six ans plus tard, verra les groupes mixtes concourir sans problĂšme.

En athlĂ©tisme, des barĂšmes adaptĂ©s permettent Ă©galement de constituer des groupes mĂȘlant les deux sexes.

Cette évolution, il faut le relever, a certainement permis à de nombreuses sociétés, de maintenir des effectifs suffisants.

2001: AVGF + SCVG = ACVG

A la base, les nombreux groupes de gymnastique mixte et les manifestations communes rendent toujours plus inĂ©luctable la fusion des deux associations vaudoises. Elles ne semblent toutefois pas pressĂ©es, mĂȘme si la collaboration entre les deux comitĂ©s cantonaux s’intensifie. Ils mettent notamment sur pied, Ă  Payerne en 2000, la premiĂšre FĂȘte cantonale commune, renonçant ainsi au principe des week-ends sĂ©parĂ©s. Elle rĂ©unit 2’400 adultes et 3’800 jeunes pour les concours de sociĂ©tĂ©s ainsi que 1’ 439 individuels. De la gymnastique enfantine aux seniors, tous les Ăąges sont reprĂ©sentĂ©s.

Un autre signe tangible du rapprochement en cours est donnĂ© en 1997: le journal «Gym vaudois», lancĂ© par la SCVG en 1992 est adoptĂ© comme organe officiel par l’AVGF. Les avantages d’une association mixte (par exemple la crĂ©ation d’un secrĂ©tariat cantonal unique) finissent par l’ emporter sur les difficultĂ©s Ă  surmonter. Plus facilement qu’on aurait pu le penser, les deux comitĂ©s entraĂźnent les dĂ©lĂ©guĂ©s des sociĂ©tĂ©s qui donnent leur aval Ă  l’unanimitĂ©, de part et d’autre, au processus de fusion en novembre 1998.

Au terme d’un gros travail de dĂ©finition des structures, de rĂ©daction des statuts, de rĂšglement des questions financiĂšres, les deux AssemblĂ©es cantonales acceptent la fusion, Ă  nouveau Ă  l’unanimitĂ© (avec quelques abstentions) dans les deux cas, le 11 novembre 2000 pour la SCVG et le 19 pour l’AVGF.

Le 7 avril 2001, Ă  Ecublens, une AssemblĂ©e des dĂ©lĂ©guĂ©s commune ratifie les statuts et Ă©lit le premier comitĂ© de l’Association cantonale vaudoise de gymnastique (ACVG), prĂ©sidĂ© par Etienne MiĂ©ville.

Forte de 300 sociĂ©tĂ©s et de plus de 20’000 membres, cette nouvelle Association devient ainsi un poids lourd du sport et de la vie sociale vaudoise.

1er ComitĂ© cantonal de l’ACVG

2001 – 2020

La premiĂšre FĂȘte cantonale organisĂ©e par l’ACVG a lieu en 2006 Ă  Aigle. Elle rĂ©unit 1’193 individuels et 36 Ă©quipes de jeux le premier week-end, puis quelque 8’000 gymnastes la semaine suivante pour les concours de sociĂ©tĂ©s et les dĂ©monstrations. Un beau succĂšs mais qui implique un engagement de plus en plus important des organisateurs, notamment en ce qui concerne les locaux et terrains exigĂ©s par la multiplication des disciplines et catĂ©gories. On ne reverra probablement pas de sitĂŽt plusieurs sociĂ©tĂ©s se disputer l’honneur de mettre sur pied une FĂȘte cantonale…

En mai 2008, L’ACVG contribue Ă  l’organisation du Championnat d’Europe de gymnastique artistique masculine Ă  Lausanne. Mais cette annĂ©e est essentiellement marquĂ©e par les festivitĂ©s du 150e anniversaire. Un gala spectaculaire est prĂ©sentĂ© Ă  Montreux le 19 avril. Le 21 septembre, aprĂšs un cortĂšge en ville, la journĂ©e officielle, avec inauguration d’une nouvelle banniĂšre, se dĂ©roule dans le cadre du Comptoir suisse Ă  Beaulieu. Les visiteurs du Comptoir peuvent profiter d’un espace de dĂ©monstrations gymniques et d’une exposition historique.

En juillet 2011, notre association est fortement engagĂ©e, aux cĂŽtĂ©s de la ville de Lausanne, dans l’organisation de la Gymnaestrada. 19’093 gymnastes et leurs accompagnants, issus de 55 pays, crĂ©ent dans la ville, pendant une semaine, une ambiance colorĂ©e, joyeuse et trĂšs sereine. 4400 volontaires se sont mis Ă  leur disposition et il a fallu notamment 64 Ă©coles pour les loger. Une rĂ©ussite dont les gymnastes vaudois peuvent ĂȘtre extrĂȘmement fiers. L’ACVG peut en outre se flatter d’y avoir prĂ©sentĂ© quelque 450 gymnastes de 4 groupes (Groupe cantonal, groupe Acrogym du nord vaudois, Team vaudois du gala FIG, groupe MultiĂąge de la cĂ©rĂ©monie d’ouverture). Le canton Ă©tait par ailleurs reprĂ©sentĂ© Ă©galement par un groupe SportUp (sport handicap).

Juin 2014 : pour assumer la lourde tĂąche de l’organisation de la FĂȘte cantonale sur le site idĂ©al de la place d’armes de BiĂšre, il a fallu que cinq sociĂ©tĂ©s collaborent : Aubonne, BiĂšre, Gimel, Rolle et St-Prex. Le dĂ©fi est en effet considĂ©rable puisque la fĂȘte rĂ©unit prĂšs de 10’000 gymnastes sur deux week-ends, avec 300 juges qui permettent 146 classements diffĂ©rents (jeux, concours individuels, concours de sociĂ©tĂ©s). 84 sociĂ©tĂ©s vaudoises sont prĂ©sentes, la plupart avec plusieurs groupes.

Ces derniÚres années ont été marquées par de nombreux podiums et titres nationaux récompensant des sociétés, équipes et gymnastes vaudois, notamment dans le sport de masse et particuliÚrement les agrÚs.

En 2019, l’ACVG a organisĂ© 21 compĂ©titions. A la fin de l’annĂ©e, elle annonçait environ 21’000 membres (dont 70% de gymnastes fĂ©minines). Les 10 membres du comitĂ© cantonal sont assistĂ©s par 135 techniciens et membres des diverses divisions. Ils pilotent des chantiers ambitieux : organisation de la FĂȘte cantonale d’Yverdon (2022), de la FĂȘte fĂ©dĂ©rale de Lausanne (2025), construction d’une salle d’entraĂźnement cantonale, professionnalisation de l’administration, 
 Ce dynamisme, encouragĂ© par les votes largement positifs de diverses assemblĂ©es cantonales, n’a pas Ă©tĂ© entamĂ© par les Ă©vĂ©nements de 2020. Mais la pandĂ©mie mondiale a paralysĂ© la quasi-totalitĂ© des assemblĂ©es et concours prĂ©vus par l’ACVG, considĂ©rablement restreint les entraĂźnements au sein des sociĂ©tĂ©s, et imposĂ© le report de la FĂȘte cantonale de 2021 Ă  2022. Une des pages les plus noires de notre histoire, qu’on n’oubliera pas !

Toute l’histoire de la gymnastique vaudoise (et plus encore) en parcourant le livre souvenir du 150e anniversaire (2008) rĂ©digĂ© par Jean-François Martin ICI

Plaquette du 50Ăšme anniversaire

Plaquette du 100Ăšme anniversaire

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